Norvège

Chasse aux aurores boréales

Les aurores boréales, du rêve à la réalité

Qui ne rêve pas d’admirer, de ses propres yeux, les mystérieuses et éblouissantes aurores boréales ? C’était aussi notre rêve — et il a largement influencé notre choix de destination. Et grâce à Dieu, nous avons eu la chance d’en voir ! Mais attention : ce spectacle céleste se mérite. Entre météo capricieuse, longues attentes dans le froid et conditions imprévisibles, la chasse aux aurores boréales n’est pas de tout repos.

 Rien n’est jamais garanti, mais dans cet article, je vous partage toutes nos astuces et informations pratiques pour maximiser vos chances de vivre, vous aussi, ce moment magique. 

Qu'est-ce qu'une aurore boréale?

Une aurore boréale, c’est un véritable ballet de lumière dans le ciel nocturne. Ce phénomène céleste se produit lorsque des particules chargées, projetées par le Soleil, entrent en collision avec les gaz présents dans l’atmosphère terrestre (promis, je vous épargne le cours de physique !). Ces chocs minuscules libèrent de l’énergie, qui se manifeste sous forme d’éclats lumineux dansants.

Le saviez-vous ? Les aurores boréales ne sont pas toujours vertes ! Si le vert est la couleur la plus fréquente, elles peuvent aussi se parer de teintes rose, violette, rouge ou même bleutée — selon le type de gaz rencontré et l’altitude à laquelle se produit la collision. Un véritable feu d’artifice naturel!

Comment observer les aurores boréales en Norvège ?

Comme je le disais plus haut, plusieurs conditions doivent être réunies pour espérer observer une aurore boréale :

  • Pas de pollution lumineuse : il faut s’éloigner des villes et des sources de lumière artificielle ;

  • Pas de pleine lune, qui peut éclairer le ciel et réduire la visibilité des aurores ;

  • Un ciel dégagé, sans pluie ni neige, car les nuages masquent complètement le spectacle.

Heureusement, il existe aujourd’hui plusieurs applications pour nous aider dans cette quête. Elles ne sont pas infaillibles — la météo change très vite dans le Grand Nord — mais elles augmentent nettement vos chances de succès.

Nous en avons utilisé deux : My Aurora Forecast et YR.

My Aurora Forecast indique à la fois l’indice Kp (qui mesure l’activité solaire, plus il est élevé, plus les chances d’en voir sont grandes), la couverture nuageuse, et les prévisions sur plusieurs jours.
YR, quant à elle, fournit des prévisions météorologiques très précises heure par heure (température, vent, précipitations…) pour n’importe quel endroit dans le monde.

Application My aurora Forecast
Application Yr

Notre rencontre avec les aurores boréales en Norvège

Ne restant que quelques nuits sur place, nous avons décidé de tenter notre chance dès la première soirée.

Nuit 1 – Premiers essais

Après le dîner dans la salle commune, on prépare nos mugs de thé bien chauds et quelques gourmandises. On s’emmitoufle soigneusement, un coup d’œil aux applications pour repérer la zone de “chasse”, et c’est parti !
Nous roulons pendant une bonne heure avant de nous arrêter sur le bas-côté. On coupe le moteur… et là, c’est le noir complet. Silence total.
Petit moment de panique : “Et si un renne venait s’approcher de la voiture ?”. Finalement, on laisse les phares allumés, sortant de temps en temps pour scruter le ciel : rien.
On finit par lancer une petite série Netflix en attendant — ambiance « flics américains en planque », sauf que les burgers et le soda ont été remplacés par du thé et des M&Ms ! 

Un nouveau check sur l’application confirme que nous ne sommes pas au bon endroit. Fatigués du voyage, on décide de rentrer et de retenter notre chance le lendemain (si Dieu le veut).

Nuit 2 – L’espoir renaît

L’exploration de la journée nous a permis d’identifier quelques spots bien dégagés. On prévoit donc de repartir “chasser” après notre excursion auprès du peuple Sami — trop stylé, ce terme de chasse, non ?
Mais une tempête de neige s’invite à la fête. La déception est là, car qui dit neige… dit nuages ! Pourtant, on garde espoir.
L’application annonce une fenêtre de visibilité vers 2h du matin. On rentre donc se reposer un peu avant de repartir.
Quelques heures plus tard, miracle : la neige s’est arrêtée. On récupère la voiture sur le parking et on prend la route, totalement vide, plongée dans l’obscurité la plus totale.
D’ailleurs, détail amusant : la plupart des voitures norvégiennes sont équipées de méga phares supplémentaires (comme sur la photo ci-dessous) — et on comprend vite pourquoi ! 

Sur la route menant à notre point d’observation, nous remarquons une camionnette arrêtée sur le bas-côté : celle d’une agence d’excursion. On décide de faire comme eux… et bingo ! À peine sortis de la voiture, le ciel s’illumine de lueurs vertes dansantes. Waw… sublime ! Le spectacle est furtif, mais quelle chance d’en être témoins. Nous reprenons la route, le sourire accroché aux lèvres.

En arrivant sur le lieu prévu, nous découvrons des traces d’un feu de camp, mais rien à l’horizon — si ce n’est un ciel étoilé à couper le souffle. Nous patientons, grignotons, jouons avec la neige. Une heure passe… puis deux voitures s’arrêtent un peu plus loin. Bon signe ? On veut y croire !

Je prépare l’appareil photo, prête à immortaliser le moment dès qu’il se présentera. On scrute le ciel jusqu’à en avoir un torticolis, quand soudain… une fine traînée verte apparaît.
Je repense aux conseils d’une touriste rencontrée au dîner : “Photographie même quand tu crois ne pas voir grand chose, elles sont souvent plus visibles à l’écran.” Elle avait raison.

Spectacle magique d'aurore boréale

Nuit 3 – Patience quand tu nous tiens:

Après une journée dans les Alpes de Lyngen (à retrouver ici), nous prenons la route vers un spot non loin de Tromsø : Ersfjordbotn, découvert plus tôt dans la journée. Une voiture avec quatre jeunes est déjà stationnée sur place. Bien que l’application affiche un faible indice Kp, on décide de tenter notre chance — après tout, on ne sait jamais. Au bout d’une petite heure d’attente, les jeunes repartent. On hésite à les suivre… puis on choisit de patienter encore un peu. Si vous êtes du genre impatient, la chasse aux aurores est un excellent exercice : il faut apprendre à lâcher prise. Trois quarts d’heure plus tard, nos yeux, désormais un peu plus aguerris, distinguent une légère lueur verte à l’horizon. Rien de plus. L’application YR annonce finalement de la neige — elle nous poursuit visiblement ! Et en effet, sur le chemin du retour, les flocons se mettent à tomber. La visibilité diminue, les routes se vident, et seules les lumières des maisons norvégiennes, alignées le long du fjord, nous guident à travers la nuit.

Le saviez-vous ? La légende raconte que ces lumières, installées à chaque fenêtre, servaient autrefois à aider les pêcheurs à retrouver leur chemin à travers la tempête.

Vous l’aurez compris, il faut faire preuve de patience et de motivation pour se donner la chance d’en voir. Je vous ai listé ici les lieux où nous nous sommes arrêtés et/ou il est fréquent d’en voir (je vous défie de les prononcer ;)) : Ersfjordbtorn, Skognesholmen, Kattfjordvatnet, Grotfjord, Tromvik, Sommaroy, Alpes de Lyngen. Les aurores boréales sont également visibles en Alaska, dans le nord du Canada, en Islande et dans les autres pays Lapons. Certains ont même eu la chance d’en voir en France ! 

 

Faut-il passer par une agence ?

Je recommande de passer par une agence uniquement si vous n’avez pas loué de voiture ou si c’est votre dernière chance d’en voir. L’excursion est onéreuse, comme toutes les autres, et la garantie n’est pas absolue mais les guides n’hésitent pas à faire de la route jusqu’à atteindre la Finlande si nécessaire. Ils donnent également des conseils photos (parce que oui, les photos Instagram sont très retouchées ;)). 

Exemple d’agence : The green adventures

5/5 - (5 votes)

4 Comments

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Les Aventures de Fafou

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture